Pointe-Noire-Dolisie, ou le récit d’une découverte du pays natal
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- Créé le vendredi 21 septembre 2012 11:46
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En juillet 2011, je profite de ma mission à Pointe-Noire, au Congo, pour aller visiter Dolisie, la troisième ville du pays, qui compte près de cent mille habitants. Située entre Pointe-Noire et Brazzaville, dans le département du Niari, Dolisie, qui tire son nom d’Albert Dolisie, un compagnon de l’explorateur franco-italien Pierre Savorgnan De Brazza, est joignable aussi bien par le train, l’avion, que par la route, avec la construction récente du tronçon goudronné Pointe-Noire/Dolisie, par une société chinoise qui a conduit des travaux gigantesques pour traverser le Mayombe, le deuxième massif forestier du pays.
Pour découvrir le paysage forestier luxuriant et montagneux, je décide de faire la route. J’embarque, dans l’aventure, ma fille, Néferh Talie (5 ans) et ses copines, Merveilles (8 ans) et Précieuse (6 ans). Nous prenons un bus à Mongo-Kamba, en banlieue Nord-Est de Pointe-Noire. Les rabatteurs, qui se disputent nos bagages dès que nous arrivons à la gare routière, stressent les enfants qui se mettent à pleurer. Je suis catastrophée par l’état de «cette gare routière» qui n’a de gare que le nom. Nous prenons un bus, qui tombe en panne à Hinda, une bourgade en plein Mayombe, une forêt dense aux essences variées. Deux heures d’attente! Je me retrouve à la tête d’une rébellion de passagers. Le contrôleur n’a pas de crédits pour contacter son patron. Je lui prête mon téléphone et lui fait part de mon indignation. Je lui dis que les êtres humains ne sont pas du bétail. Il y a, dans le bus, une femme enceinte et des enfants en bas âge.
Après deux heures d’attente, je prends un autre moyen de transport, en surnombre, dans un minibus. Ma fille et ses copines sont toujours enchantées; des pauses-pipi folkloriques, pause eau du Mayombe très intéressante, paysages magnifiques, conversations dans le minibus intéressantes... Les arrêts sont nombreux, il faut payer à chaque barrage de police. C’est normal, me dit-on...
Mais, il y a des arrêts qui me scandalisent. Le chauffeur s’arrête; je demande pourquoi? Il vérifie les feux de son véhicule... Là, je suis scandalisée, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant? Pourquoi n’y a-t-il pas de contrôle technique au Congo? Dès mon retour, je promets d’aller en parler au préfet de Pointe-Noire...
Oui, le Congo est un pays en voie de développement... Oui, le Congo manque de personnel compétent...
Au moment où je commence à perdre patience, une voisine met sur son portable: «Pour la première fois, je suis tombée amoureuse et cela n’a duré qu’une semaine...» Mario, chanteur antillais, mon chanteur préféré et ma chanson préférée, lorsque j’étais au lycée... Là, je replonge dans mon enfance et ça me calme... Les enfants sont toujours enchantées. C’est bien d’être un enfant. Ce qui les intéresse, ce sont les paysages, le goûter que je leur offre, de temps en temps. Les filles sont bien traitées. C’est vrai que nous avons fini par constituer une famille, avec les autres passagers. Les conversations vont bon train...
Depuis la France, Yollas suit, par textos, le périple: choqué, indigné, émerveillé, envieux, ravi selon les étapes que je lui décris... Nous arrivons, enfin, à Dol (Dimunitif de Dolisie), la nuit tombée. Je dis au chauffeur mon indignation: «Les êtres humains ne sont pas des animaux». Il a le culot de taxer mille francs Cfa chaque bagage. Je lui dis, surtout, de profiter de cet argent, pour arranger son véhicule.
Mais, le Congo est vraiment un beau pays
Dolisie est une belle ville. Le motel est intéressant, on y mange bien et on y vit mieux qu’à Pointe-Noire. La ville est plus propre, malgré la terre jaune. Il y a l’eau courante et l’électricité tous les jours... Et un hôpital digne de ce nom. Je m’accorde une sortie là-bas, samedi soir. Bonne ambiance... (nkembo!).
Pour le retour à Pointe-Noire, nous prenons, quand même, l’avion... Je referai le trajet par la route une autre fois. Yollas tient à vivre le périple...
Voici les propositions que je transmettrai au préfet de Pointe-Noire:
1- construire une gare routière digne de ce nom;
2- mettre des agents municipaux pour vérifier le trafic automobile;
3- instaurer le contrôle technique des véhicules;
4- lutter contre la petite corruption dans les barrages de police qui doivent servir à vérifier les normes et papiers du véhicule, le confort et sécurité des passagers...
5- instaurer un tarif unique de voyage;
6- diffuser des informations claires aux passagers;
7- construire des toilettes dignes de ce nom le long de la route...
8- mettre des panneaux de signalisation sur la route;
9- construire des stations d’essence et des motels tout au long de la route;
10- saisir cette opportunité pour développer les villes, ou créer des villes nouvelles, etc.
Milie Théodora MIERE
(France)


