Assistance aux sinistrés du drame de Mpila : Le paiement de l’allocation d’urgence de trois millions de francs Cfa suspendu
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- Créé le vendredi 25 mai 2012 11:05
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Afin de mettre un terme aux dysfonctionnements et aux tripatouillages constatés dans l’enregistrement des familles sinistrées et le paiement de l’allocation d’urgence et de soutien de trois millions de francs Cfa, après le drame de Mpila survenu le 4 mars dernier, le gouvernement a décidé de suspendre l’opération de paiement de l’allocation, à compter du vendredi 25 mai 2012. Cette décision a été prise, le 23 mai 2012, au cours d’une réunion technique des principaux gestionnaires des conséquences du sinistre de Mpila, présidée par Gilbert Ondongo, ministre des finances, du budget et du portefeuille public.
C’était dans la salle de conférences dudit ministère, en présence de Charles Zacharie Bowao, ministre à la présidence, chargé de la défense nationale, du général Gilbert Mokoki, commandant en chef de la gendarmerie nationale, du général Jean François Ndengué, directeur général de la police, de Marcel Nganongo, administrateur-maire de Ouenzé, Jean-Claude Ibovi et Hyacinthe Ingani, respectivement députés des première et deuxième circonscriptions de Talangaï, quartiers fortement touchés par le sinistre.
L’objectif de la réunion des gestionnaires des conséquences du drame de Mpila était de faire le point à mi-parcours de l’accomplissement de leur mission, de leurs forces et faiblesses, afin d’y apporter les corrections nécessaires, le cas échéant.
Car, le paiement de l’allocation d’urgence et de soutien aux familles sinistrées ne cesse de défrayer la chronique. En effet, tout le monde a constaté le manque de méthode du gouvernement dans l’enregistrement des familles sinistrées. Les agents recenseurs voulant, chacun, se servir, ont multiplié les noms des sinistrés fictifs sur les listes, à telle enseigne que les vrais sinistrés continuent d’errer jusqu’aujourd’hui, sans avoir touché un seul sou ou, simplement, que leurs noms ne figurent toujours pas sur les listes des familles devant bénéficier de l’allocation d’urgence attribuée par le gouvernement à toutes les familles ayant subi des préjudices dans le drame de Mpila.
Il faut dire qu’il y a eu tellement de pagaille dans l’enregistrement des familles sinistrées et le paiement de cette allocation d’urgence que le gouvernement aurait mieux fait de ne pas se précipiter à donner le montant à payer à chaque famille. Mieux encore, il aurait pu tenir compte des matrices du recensement administratif spécial pour avoir la maîtrise du nombre des familles vivant dans une parcelle circonscrite dans les zones du sinistre.
Face à ce manque de réalisme, on s’est rendu compte qu’il y a des chefs de familles qui ont perçu deux à trois fois l’allocation ou des prétendus locataires qui vivent dans des quartiers autres que ceux touchés par le drame, voire certaines personnes qui partaient dans d’autres villes du pays venir percevoir les trois millions de francs Cfa ou des familles qui se sont entredéchirées. Plus grave, c’est qu’il y a des étrangers à qui on a fait établir des cartes d’identité et pièces d’état civil congolaises pour percevoir cet argent. Certains sont arrêtés, parce que pris au piège.
Sinon, comment comprendre qu’un locataire ne soit pas en mesure de donner le nom de son logeur ou connaître un seul prénom des autres locataires qui partagent avec lui la même cour? Des domiciles qui n’avaient pas de locataires ou à peine trois ou quatre se retrouver avec neuf ,voire dix-neuf locataires? Des propriétaires qui se sont permis de changer les vrais locataires ,en donnant de faux noms, afin de pouvoir bénéficier, seuls, de la manne? Les parents qui ont fait passer leurs enfants pour des locataires dans le toit familial ou encore des enfants qui se sont faits locataires chez leurs propres pères, etc.
La responsabilité des agents recenseurs et des chefs des zones, blocs et quartiers est, donc, établie dans cette vaste magouille et ils devraient répondre de leurs actes. C’était vraiment un véritable business. «Je mets ton nom, on se partage le butin», tel était la méthode.
La République a fonctionné ainsi et certains coups de fils venaient même des autorités, pour exiger le paiement de certains fictifs. Les caissières étaient , parfois, sommées au téléphone.
Après constat, il s’avère qu’il y a des quartiers entiers de l’épicentre qui ne sont pas encore recensés. Par conséquent, les familles concernées n’ont pas encore perçu leurs allocations d’urgence. D’où la grogne. Constatons ce fait, les gestionnaires des conséquences du sinistre de Mpila, qui ont géré, pendant deux mois, le paiement de l’allocation d’urgence, ont, purement et simplement, décidé d’arrêter l’opération. «En toute responsabilité, posons-nous la question de savoir, est-ce que nous sommes en train d’accomplir notre mission comme il se doit ?», s’est interrogé le ministre Gilbert Ondongo. Mais, le ministre aurait, peut-être, mieux fait de s’adresser à ses fonctionnaires qui ont assuré l’opération.
Pour lui, il n’est pas question de continuer à payer, sans se donner le temps de faire le point. Nous avons payé beaucoup de gens et il se trouve encore des personnes qui se disent oubliées», a-t-il poursuivi, tout en demandant à ces collègues gestionnaires de s’organiser de façon méthodique, de sorte que si l’opération doit se poursuivre, qu’elle se fasse dans la méthode, la rationalité, pour qu’il y ait aucun mécontentement.
Signalons que la reprise des opérations de paiement de l’allocation d’urgence et de soutien aux familles sinistrées pourrait reprendre au mois de juin prochain.
Cyr Armel YABBAT-NGO


