Clôture de la 29ème session ordinaire du Sénat : André Obami-Itou se félicite de la chaîne de solidarité qui s’est manifestée, après le drame du 4 mars

Le Sénat a clos sa 29ème session ordinaire, le 30 avril 2012. A cette occasion, son président, André Obami-Itou, a prononcé une allocution dans laquelle  il  s’est félicité de la chaîne de solidarité qui s’est manifestée autour des victimes du drames du 4 mars 2012. Voici l’intégralité de son allocution.

- Monsieur le Ministre de la Communication, et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du Gouvernement;
- Vénérables Membres du Bureau;
- Vénérables Sénateurs;
- Mesdames et Messieurs,

Le 2 Mars dernier, dans mon discours d’ouverture de la 29ème Session Ordinaire qui s’achève aujourd’hui, nous affirmions que le contexte national était particulièrement serein. 48 heures plus tard, nous avons été pris à défaut par les épouvantables explosions de munitions à Mpila.
Ce dimanche-là, 4 Mars 2012, le Congo a été frappé en plein cœur. Et lorsque le cœur, organe vital, est si gravement touché, tout le corps est meurtri. En effet, la tragédie de Mpila n’est pas à circonscrire dans les limites géographiques de quelques quartiers et arrondissements. Elle a été vécue et ressentie, dans sa portée, son ampleur et ses conséquences, par le peuple congolais tout entier, comme un drame national.
C’est ce qui explique la formidable chaîne de solidarité construite sur toute l’étendue de notre pays. La gigantesque mobilisation de tous les Départements et de toutes les catégories sociales de nos populations montre, s’il en était besoin, que le Congo est Un et que la nation congolaise n’est pas un leurre.
La mobilisation, dans l’unité et la cohésion nationales, s’est également exprimées au Parlement où Députés et Sénateurs ont, d’une seule voix, conçu et développé des actions concrètes de solidarité à l’endroit de nos compatriotes sinistrés.
Toujours d’une seule voix, les Parlementaires, Députés et Sénateurs, tant de l’Opposition que de la Majorité, ont voté, à l’unanimité la loi des finances rectificative exercice 2012 qui, comme le monde le sait, est justifiée par des besoins nouveaux impérieux, résultant de la tragédie survenue à Brazzaville le 4 Mars de l’année en cours.
Ce vote unanime des Parlementaires est un message fort des deux Chambres du Parlement congolais, adressé au peuple congolais en général et aux acteurs politiques en particulier, pour que plus jamais la tragédie Mpila ne soit exploitée à des fins particulières.
D’ailleurs, il est réconfortant de constater qu’à ces heures graves où la puissance terrifiante des explosions a causé d’importants dégâts et semé la mort, on n’a pas vu d’un côté l’Opposition et de l’autre la Majorité.
Frappés par le même deuil, secoué par les mêmes traumatismes, les Sénateurs et les Députés ont transcendé leurs obédiences politiques, pour se souvenir que «ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise».
Les Sénateurs et les Députés ont, alors, tourné les regards dans la même direction et ont agi de concert, en votant utile, tous ensemble. C’est là un repère. C’est là une leçon de l’Histoire que nous devons retenir, capitaliser et rentabiliser. Car, la nation se construit et se développe dans l’unité et non dans la division.

- Vénérable Sénateurs et Chers Collègues,

C’est dans le malheur qu’on reconnait ses amis, dit un vieux dicton. Eh bien! le Congo a vérifié, une fois de plus, toute la vérité que contient cet adage. En effet, une longue et solide chaîne de solidarité à l’endroit des sinistrés congolais et du Congo s’est construite également au plan international. Un nombre considérable de pays de tous les continents a apporté une aide multiforme à nos populations sinistrées.
Il n’y pas meilleure preuve de l’efficacité de notre politique étrangère et de la haute estime dont jouit notre pays au plan international. Tout en réitérant nos sincères remerciements à tous les pays, organisations et associations pour leur action humanitaire pleine de chaleur amicale et fraternelle, nous appelons nos compatriotes, partout où ils se trouvent et en toutes circonstances, de savoir se montrer dignes et reconnaissants au regard de cette vague de sympathie et de solidarité internationale.
C’est ce sentiment de solidarité et de reconnaissance que Son Excellence, le Président Denis Sassou Nguesso a exprimé le 26 avril dernier, dans son allocution à la tribune de la 27ème Conférence Régionale de la FAO, qui s’est tenue, ici, à Brazzaville. Dans cette importante allocution en effet, le Chef de l’Etat a lancé un vibrant appel de solidarité nationale et internationale avec les pays du Sahel. Ceux-ci, comme on le sait, sont confrontés aux «conséquences sévères et implacables d’une crise à la fois politique, sécuritaire, alimentaire et climatique».

- Chers Collègues,
- Mesdames, Messieurs,

Nous avons tenu une bonne session, à en juger par la qualité et l’importance des affaires examinées et adoptées. Au nombre de ces affaires il y a surtout la loi des finances rectificative dont les enjeux sont de taille. Je l’avais explicité en son temps, je n’y reviens pas outre mesure; sauf pour rappeler les recommandations pertinentes que le Sénat a faites à la 28ème Session ordinaire budgétaire, exercice 2012.
C’est l’occasion, pour le Sénat, d’inviter le Gouvernement à accorder une attention soutenue à ces recommandations, en les transformant en des actions concrètes pour le plus grand bien de nos populations.
La Chambre Haute, quant à elle, accompagnera l’exécution budgétaire, en accentuant le contrôle de l’action du Gouvernement:
C’est pour ce faire que le Sénat a conçu un dispositif de Rapporteurs Spéciaux et de
Commissions d’enquêtes sur des projets spécifiques.
Décidément, 2012 sera, pour le Sénat, l’année du contrôle accru de l’action du Gouvernement.
La 29ème Session ordinaire du Sénat a été une bonne session, ai-je dit tout à l’heure. Je le répète, parce que nous pouvons nous féliciter d’avoir examiné et voté, après des débats fructueux, la loi modifiant et complétant la loi électorale. Cette loi arrive à point nommé, pour adapter les dispositions juridiques existantes aux exigences du moment. C’est là la preuve d’une législation en marche et soucieuse de garantir des bases solides à la vie démocratique dans notre pays.
Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence la contribution du Sénat au nécessaire renouvellement de l’une de nos institutions constitutionnelles à savoir: la Haute Cour de Justice. A nos Collègues élus, je présente toutes mes félicitations et leur souhaite bon travail et beaucoup d’efficacité.

- Vénérable Sénateurs et Chers Collègues, Chers Collègues,
- Mesdames, Messieurs,
Vous l’avez constaté, le principal centre d’intérêt de mon discours aura été la solidarité. Celle-ci est à la fois, un sentiment, un élan du cœur, une action noble et désintéressée. Au total, la solidarité est une obligation morale, véritable trait d’union entre les hommes, entre les Etats. C’est une valeur que nous devons cultiver en ces temps où nul n’est à l’abri de tant et de tant de périls. C’est sur cette exhortation, Vénérables Sénateurs, Chers Collègues, Mesdames, Messieurs, que je déclare clos les travaux de la vingt-neuvième Session ordinaire du Sénat. Je vous remercie.

Informations supplémentaires