Editorial : Faire renaître l’espoir

Depuis le drame du 4 mars 2012 à Brazzaville, le P.c.t est resté constant sur sa demande de voir publier les résultats de l’enquête, pour que les responsabilités soient établies. Lors du meeting en salle, organisé la semaine dernière, pour manifester sa solidarité aux victimes de l’incendie du dépôt de munitions du camp du régiment blindé à Mpila, la direction du Parti congolais du travail a réitéré son souhait, tout en manifestant son soutien au président de la République et à son gouvernement, à la suite des mesures salutaires prises pour soulager les souffrances des sinistrés.
Mais, il reste à savoir si la demande du P.c.t, appuyée par les partis alliés, pourra être satisfaite, comme souhaité. Les choses ne sont pas si simples. Car, s’il est établi qu’il est d’origine accidentelle, l’effroyable drame de Mpila, qui se caractérise particulièrement par la dévastation des quartiers entiers, met en cause la responsabilité même des pouvoirs publics.
Par contre, s’il est démontré, comme l’a indiqué le secrétaire général du P.c.t, qu’on a été victime d’un véritable coup ourdi par «les ennemis du peuple», cela pourrait épargner la responsabilité des pouvoirs publics. «Si d’aventure, le 4 mars 2012 fut un acte criminel, disons que ces auteurs ont porté, là, un vrai coup; un coup lâche et cruel au peuple congolais et au président de la République», a avancé Pierre Ngolo.
Mais, la commission d’enquête peut-elle avoir la possibilité de trouver les auteurs de ce qui peut être un «acte criminel», quand on sait que tout a été détruit? Voilà le grand défi à relever. Rien n’indique que les officiers supérieurs interpellés jusqu’à présent sont pressentis comme les instigateurs ou les acteurs d’un éventuel incendie criminel du dépôt de munitions du camp du régiment blindé de Mpila. Le fait que l’enquête piétine et n’avance pas réellement, au fil des jours, et que le parlement n’arrive pas à demander des comptes au gouvernement sur ce drame, témoigne de la complexité du problème.
Dans ce contexte, exiger les résultats de l’enquête, attitude tout à fait citoyenne avant même d’être politique, pourrait bien être embarrassant, pour les pouvoirs publics. Car, si l’incendie est dû à une somme de négligences, l’Etat en emporte une lourde responsabilité.
Mais, la demande du parti au pouvoir de voir publier les résultats de l’enquête est le minimum exigible dans pareil cas. Le drame du 4 mars marque une rupture. On pourrait croire que les mesures prises, jusque-là, et la perfusion humanitaire constitueraient des solutions à long terme. Il y a toujours un besoin de justice qui peut s’exprimer. Mais, faire renaître l’espoir, rassurer l’opinion nationale et même internationale, rétablir la confiance, etc, passent aussi par des décisions politiques dont on attend encore la manifestation.

Joachim MBANZA

Informations supplémentaires