Arthur Cissé Zoal Guidas, membre du comité central du P.c.t : «Le souhait est que tous appliquent les conclusions d’Ewo»

Membre du comité central du P.c.t (Parti congolais du travail), ancien vice-président du conseil municipal de Ouesso (2003-2008), Arthur Cissé Zoal Guidas a bien voulu s’exprimer, dans l’interview ci-après, lors de son séjour à Brazzaville, au début du mois d’avril, sur le congrès du P.c.t et la concertation politique d’Ewo.

* En tant que responsable politique, que retenez-vous du dernier congrès que votre parti a tenu à Brazzaville, Monsieur Guidas?
** D’entrée de jeu, je tiens à exprimer mon sentiment de profonde tristesse, suite à la tragédie du 4 mars 2012, au camp du régiment blindé de Mpila, à Brazzaville. Une telle catastrophe ne pouvait laisser les Congolais indifférents, voire nos frères des pays amis. C’est pourquoi j’ai tenu d’abord à le relever.
Pour répondre à votre question, j’ai été délégué au 6ème congrès extraordinaire du P.c.t. Ce congrès m’a permis de devenir membre du comité central du P.c.t. J’ai suivi, avec quel courage le parti a fait son autocritique et aussi sa volonté d’innover reposant entre autres, sur:
- le combat contre la dormance qui menaçait de le phagocyter;
- l’ouverture à d’autres forces politiques nationales, pour briser la tendance à l’isolement;
- l’établissement des critères d’éligibilité pour être candidat du P.c.t à une élection nationale, etc.
La matérialisation de ces choix est très attendue et se lira à l’issue des cinq ans qui auront couru avant le congrès suivant. Les différences d’approche n’ont pas entamé le souci des politiques congolais et avec eux la société civile, de rechercher la convergence pour l’intérêt national.

* Il y a eu aussi la concertation d’Ewo, pour préparer les prochaines élections législatives. Pensez-vous que les conclusions de cette rencontre seront réellement appliquées?
** Le souhait est que tous appliquent les conclusions d’Ewo. L’environnement politique apaisé appelé de tous nos vœux s’installera progressivement, grâce à cela. Ce sera tout à l’honneur d’une classe politique décidée à s’affranchir des vieux réflexes négatifs. Les quelques absences signalées du côté de l’opposition, à Ewo, sont à inscrire au registre des étapes à franchir vers une démocratie qui finira par triompher.

* La question phare porte sur la révision des listes électorales. Quelle est l’importance de cette opération?
** En tant que parties prenantes dans l’opération de révision des listes électorales, comment imaginer que toutes les parties ne seraient pas associées? Leur mission est capitale, vu l’influence de ces résultats sur le processus électoral. Tout va de ce qu’au fil du temps, l’effectif de la population nationale est sujet à des variations quantitatives induisant, en son sein, des séries déterminantes pour un scrutin. Par exemple, le nombre de décès et d’émigrants viennent en distinction de celui du corps électoral des dernières consultations, alors que l’âge de la majorité atteint entre deux élections et le nombre d’immigrants de la même période agissent en sens opposé. Toutes ces données doivent être intégrées à celles déjà validées.

* Pendant les sénatoriales de l’année cuvée, certains candidats dans la Sangha ont battu campagne en affirmant que le président de la République aurait donné des instructions pour que eux soient élus. N’est-ce pas que vous en aviez eu vent?
** A la vérité, nous en avions eu vent. Vous savez, nous sommes en politique où, dit-on, tout est possible. Cependant, cela ne dispense personne d’accueillir ce genre de nouvelles avec circonspection. De fait, qui dit qu’elles n’émaneraient pas de candidats peu sûrs d’eux, donc habités par cette peur de perdre, qui utiliseraient comme stratagème la considération réelle dont jouit le président dans nos contrées, pour arriver à leur fin? C’est, quand même, grave. Pour moi, le président de la République, distinct du président de son parti, ne peut s’aventurer sur un terrain aussi sensible et je crois qu’il n’y a pas ici matière à le lui enseigner.

* Votre mot de fin sur l’utilisation des cadres civils et militaires de la Sangha: aucun préfet, aucun commandant de zone, un seul général!
** Sans esquive, je vois que votre distinction se fonde sur la provenance géographique de ceux-ci. J’aimerais rappeler ce qui est la règle: l’appartenance des cadres à la République. Il n’est pas question de renier le lieu naturel que chacun a avec son territoire d’origine. Que les décideurs s’invitent seulement à abandonner l’esprit de choisir sur des bases subjectives, quand ils ont à responsabiliser ou promouvoir des cadres de même profil. Eux-mêmes vivraient mal les frustrations générées par des pratiques à vous faire penser que votre appartenance à la République n’est qu’illusion. Faire avec désinvolture dans la conduite des affaires d’Etat est une marque d’inconscience.

Propos recueillis par Victor GUEMBELA, Correspondant permanent à Ouesso

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