Roman : Henri Lopes a présenté «Une enfant de Poto-Poto»

Ecrivain, par ailleurs ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes vient de publier, aux Editions Gallimard, dans la collection Continent Noire, à Paris, en France, son huitième roman: «Une enfant de Poto-Poto». L’auteur a effectué le déplacement de Brazzaville, pour présenter son nouvel ouvrage de 273 pages. C’était, le vendredi 6 avril 2012, au cours d’une émission intitulée: «Rencontre avec Henri Lopes», présentée par Ed Chevry Diazz Koumala, de Télé Congo, et Merryl Mézath, du quotidien Les Dépêches de Brazzaville. En présence d’André Patient Bokiba, Jean Luc Aka-Evy, respectivement professeurs de littérature et de philosophie à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université  Marien Ngouabi, directeur général des arts et des lettres au Ministère de la culture et des arts, et de Mfumu, journaliste, tous, aussi enfants de Poto-Poto.

Répondant aux questions des intervenants, Henri Lopes a expliqué son roman, en relevant une obsession (le métissage, l’amour, les femmes et le rire) entre ses trois personnages: Pélagie, Kimia et Franceschini.  «A la une, la photo d’une foule en liesse, en bas, dans le coin gauche, quelqu’un qui lève deux doigts. C’est Pélagie, à sa gauche, c’est Kimia…Suit le récit d’une amitié en liant deux jeunes que l’évolution de leur pays va séparer, un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et surtout mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on l’appelle Blanc. Mais ne serait-il pas, lui aussi, enfant de Poto-poto?» a expliqué l’écrivain, en présentant son ouvrage. L’auteur parle également de Franceschini, le personnage central du roman, qui redevient dans la mouture comme le centre du récit. «Au départ, le roman avait été fabriqué par Franceschini, et je l’avais appelé un Blanc manioc, faisant référence de «Moundélé Kouanga», et j’ai trouvé que ça ne marchait pas. J’ai repris mon travail et j’ai décidé de prendre un personnage qui m’était le plus éloigné, une femme, quelqu’un qui n’était pas de ma génération», a-t-il déclaré.
Pourquoi «Une enfant de Poto-Poto»? «Une enfant de Poto-Poto», pour Henri Lopes, c’est une formule de la rue, qui ne clame pas le lieu, mais qui évoque toute une culture. L’enfant de Poto-Poto, sur le plan superficiel, c’est celui-là qui connait les «micaté» (beignets), les «gamoutches»( brochettes), la rumba, etc., mais sur le plan le plus profond, comme le dit l’écrivain, c’est par rapport à l’histoire de notre pays, par rapport à l’identité, et c’est celui qui est au-delà des clivages. L’enfant de Poto-Poto, c’est celui qui déclare: je suis Kongo, Téké, Mbochi et qui représente le Congo ya sika.
Pour l’auteur, l’amour pour ses personnages est infini. «J’aime mes personnages. Souvent, je les imite, ce n’est pas eux qui parlent à ma place, c’est plutôt moi qui parle comme eux, quelques fois, je les envie. Tous les enfants de Poto-Poto sont égaux», a-t-il relevé.
Dans «Une enfant de Poto-Poto», il y a un paysage, comme le décrit Henri Lopes, en prenant l’exemple de son  personnage, Kimia, qui s’interroge, dans le roman, que sont devenus ses amis? Et elle termine sa réflexion en disant:  «Nous sommes nés sur la nappe, nous sommes nés dans des huttes et nous sommes d’une seule génération».C’est ce que l’écrivain tire de son roman, en indiquant: «Nous avons une identité internationale, une identité personnelle».
Comment être écrivain? Se questionne-t-il. «Etre écrivain, c’est le dialogue, parler comme une enfant de Poto-Poto», a-t-il  signifié.
A la fin de l’émission, Henri Lopes a dédicacé son roman, vendu à 15 000 F. Cfa, à la librairie des Dépêches de Brazzaville, où a eu lieu la cérémonie.
Signalons qu’Henri Lopes est lauréat de plusieurs distinctions: Grand prix littéraire d’Afrique noire de l’Association des écrivains de langue française pour son livre Tribaliques (1972), Prix Simba (1977), Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française (1993).

Aybienevie N’KOUKA-KOUDISSA  et
Schadrac OUAMBA


Informations supplémentaires