L’information est un droit pour le citoyen!
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- Créé le samedi 7 avril 2012 13:36
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Dans la vie d’un Etat qui se veut de droit, sous la forme républicaine, rien n’est au-dessus de la constitution, la loi fondamentale qui, elle-même, démocratiquement mise en place, confère la légitimité aux institutions qui exercent leur autorité sur la vie des citoyens. L’Etat de droit, celui qui donne la primauté au droit (donc aux lois démocratiquement établies) reconnaît à ses citoyens des droits et des devoirs codifiés dans la constitution.
Le drame que le Congo a connu, avec l’incendie des poudrières
du camp du régiment blindé à Mpila, a conduit le président de la République à mettre en place une commission d’enquête, pour faire la lumière sur les origines de cet incendie, tout en donnant à cette commission le pouvoir de mener une action publique, en vue des poursuites judiciaires contre les
présumés auteurs identifiés. L’impunité ne devant pas être de mise dans un Etat de droit. Evidemment, dans son travail, la commission d’enquête interpelle les citoyens qu’elle veut entendre. Ainsi, les officiers
dont les fonctions au sein de la force publique sont en lien avec l’affaire instruite ou qui sont cités par des témoins sont interpellés et entendus. Certains d’entre eux sont maintenus en garde à vue. Seulement, les actes de la commission d’enquête n’étant pas expliqués à l’opinion nationale, ils donnent
lieu à des rumeurs affolantes dans la capitale. L’article 9 de la constitution du 20 janvier 2002 stipule: «La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent, jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite
d’une procédure lui garantissant les droits de la défense. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain ou dégradant est interdit». Ce qui suppose qu’une personne entendue et placée en garde à vue devrait jouir de son droit de défense, par la présence d’un avocat, qui peut être aussi, pour elle, un porte-parole. Or, comme on le sait, la garde à vue est rigoureusement encadrée par le code de procédure pénale. En dehors des conditions prévues par ce code, on se retrouverait alors, quelle
que soit la gravité des faits reprochés à un présumé auteur de crime, dans une situation de détention arbitraire qui peut se retourner contre l’Etat et que les organisations de défense des droits de l’homme ne peuvent manquer de relever et de dénoncer. Et comme les droits reconnus aux citoyens sont
importants, l’article 41 de la constitution donne la possibilité à «tout citoyen qui subit un préjudice du fait de l’administration », «d’agir en justice, dans les formes déterminées par la loi». Les explosions de Mpila ont tellement causé des traumatismes dans les familles et dans la société qu’il serait souhaitable
que l’accent soit mis sur la communication, de manière pédagogique, afin de ne pas livrer les populations aux ravages de la rumeur qui crée la peur, voire la psychose ou aux médias étrangers. Les gens ont besoin de comprendre ce qui se passe autour d’eux, pour être rassurés. Il est étonnant de constater, dans notre pays qui se veut Etat de droit, que l’interpellation et la garde à vue de hautes personnalités de l’Etat ne donnent lieu à aucune information publique. Entretenir un mutisme à ce sujet ne relève pas du sens de la responsabilité. Les pouvoirs publics devraient se préoccuper de ne pas livrer les populations aux rumeurs affolantes, en les informant correctement des actes qu’accomplissent
les institutions publiques. De même, au nom de l’article 19 de la constitution, les médias nationaux devraient se mettre à rechercher l’information aux sources officielles qui ont le devoir de la donner, pour que le peuple soit convenablement informé.
Joachim MBANZA


