Interdiction des emballages en plastique: une bonne et audacieuse mesure
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- Créé le samedi 10 mars 2012 10:23
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Pour une fois, le gouvernement, avec beaucoup d’audace, a décidé de passer de l’attentisme, à la prise de responsabilité, sur les emballages en plastique. Certes, bien ancrés dans les habitudes quotidiennes des populations, les emballages en plastique ou les sachets étaient devenus quasi incontournables. Mais, il fallait bien, à un moment donné, compte tenu de leurs méfaits écologiques, prendre une décision courageuse. Pourquoi? Parce que les sacs en plastique, couramment appelés sachets, sont nuisibles à plusieurs titres.
Ils sont:
- pollueurs de l’environnement;
- vecteurs d’insalubrité de nos cités;
- déformateurs impétueux de nos habitudes de consommation.
Pollueurs de l’environnement
Bien que le mouvement écologique soit encore timide dans nos pays, nous ne saurons longtemps nous départir de la vague écologique, même si celle-ci est encore perçue comme un luxe, comme l’affaire des «autres», l’affaire des pays occidentaux. Nous n’échapperons toujours pas aux ravages potentiels, aussi longtemps que nous ne nous préoccuperions pas de notre environnement, aussi bien à cause des matières plastiques non recyclées que nous utilisons, que par la déforestation massive et incontrôlée, entrainant ainsi la destruction de la couche d’ozone, avec les conséquences incalculables que l’on sait, parmi lesquelles le réchauffement de la planète.
Les sacs en plastique jetés dans la nature sont destructeurs, à terme, de la nappe phréatique et, donc, font, potentiellement courir à nos pays des risques incommensurables.
C’est à ce titre que l’écologie, bien qu’encore superficielle chez nous, a toute sa place dans notre sphère, en ce qu’elle est le régulateur de l’action de l’homme sur son environnement, afin d’en limiter les conséquences négatives et destructrices: pollution, destruction des écosystèmes, effet de serre, réchauffement de la planète, déforestation.
Vecteurs d’insalubrité
Dans nos villes, les décharges publiques étant à l’état sauvage et incontrôlées par les services municipaux, la raison est vite trouvée par les populations qui justifient leur part de responsabilité vis-à-vis de l’insalubrité, à l’absence des bacs d’ordures dans les différentes places publiques. Dans l’hypothèse inverse, il y a même lieu de s’interroger, à contrario, si les populations seraient prêtes à suivre, à adhérer à cet élan du «tout propre», d’autant plus que nous avons trop longtemps été habitués à cohabiter avec les espaces insalubres, sans que cela ne dérange particulièrement.
Déformateurs impétueux des habitudes de consommation
Tout a été vendu sous cet emballage en plastique: du foufou, safous, en passant par les pâtisseries et le manioc. Est-il nécessaire de rappeler que même la tomate en boîte a été, elle aussi, sectionnée pour être vendue en petite portion sous cet emballage? Et que dire du manioc en morceaux, des huiles aussi bien de cuisine que de mécanique, le pétrole, etc. avec pour corollaire le rejet après usage dans la nature, causant ainsi des dégâts inestimables à nos cités et à notre environnement.
Des mesures? Oui, il faudra, certainement, en prendre davantage, par ce que primo: c’est la preuve que les gouvernants sont attentifs et sensibles au quotidien des populations; secundo: sans mesures, c’est l’impression de naviguer à vue, c’est la propension vers le laisser-aller, à une espèce d’Etat sans foi ni loi qu’aucun gouvernement responsable ne saurait cautionner.
Cependant, à quand la règlementation sur les ciné-clubs? Sur les ateliers qui jonchent les abords de nos rues, les épaves de véhicules encombrant les trottoirs des rues et avenues, les commerces anarchiques sur les places publiques, au vu et au su de nos gouvernants?
Il y a, là aussi, matière à prendre des mesures. Des mesures visant l’amélioration du quotidien des populations et l’assainissement de notre environnement, car que peut devenir une Société sans règles? Ici, il s’agit, non pas d’interdire, mais de règlementer.
Ces récentes mesures appellent aussi d’autres problématiques, parmi lesquelles la moralisation de notre société, tant l’incivisme et beaucoup d’au-tres antivaleurs sont développés dans une espèce d’indifférence de tous, au point d’inquiéter, à plus d’un titre, les partisans de la salubrité à tout prix de nos espaces publics. C’est d’ailleurs pour cette raison que toutes les mesures réformatrices de notre société seront saluées a posteriori, aussi triviales qu’elles pourront paraitre chez d’aucuns, dénués de vision prospective et d’idéal pour notre environnement.
L’autre problématique, c’est l’application dans la durée et l’ancrage de ces mesures dans les habitudes des populations. Tout devrait aller sans difficultés, avec une ferme volonté des gouvernants de ne pas céder aux quelques réfractaires et à l’immobilisme, si, toutefois, tout est fait pour l’assainissement et la protection de notre environnement, et au final, pour le salut des populations.
Diop MAHOUCKOUS


