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    Cherche mécène pour son projet de publication

    «50 cheveux sur une tête nue»: un recueil de nouvelles sur le cinquantenaire de l’indépendance du Congo de S.A. Zanzala

    Pour avoir été le lauréat congolais du concours de la nouvelle radiophonique organisé en 1990, par le ministère français de la coopération et du développement, Rfi, Africa n°1 et les éditions Mondia du Canada sur le thème «Trente ans d’indépendance des pays africains francophones», je me sens dans l’obligation de donner une suite à cette initiative, de m’exprimer sur ce grand événement que vont célébrer, cette année, 14 pays africains francophones. Je cite: le cinquantenaire de leurs indépendances. Mais, c’est le cas du Congo-Brazzaville qui m’intéresse plus, puisque c’est sur ce même pays que j’avais écrit une nouvelle, à l’occasion de ses trente ans d’indépendance. Et, ce qui m’a poussé à écrire ce recueil de nouvelles, c’est cet âge : cinquante ans ! En effet, si certains pensent que cinquante ans, pour une indépendance, c’est insuffisant, pour dresser le bilan exhaustif d’un pays ; d’autres qui trouvent leurs arguments sur la vie humaine, disent qu’à cinquante ans, on est en pleine vie d’adulte. Mais, peut-on comparer la vie d’un pays à celle d’une personne humaine ? Ce qui est vrai, c’est qu’en cinquante ans, le Congo a eu six présidents, changé plusieurs fois sa constitution, et revu deux fois son hymne et son drapeau. C’est pourquoi, on peut supposer que le pays a fait quelques pas. Pourtant, la réalité révèle que le pays passe, difficilement, à l’âge adulte et n’avance pas ! Et, pourquoi n’avance-t-il pas? Des sociologues, politologues, journalistes et autres sachants tenteront sans doute de répondre, chacun selon sa science, à cette question. Donneront-ils tous les bonnes réponses? Néanmoins, en tant qu’écrivain, j’ai préféré prendre les versions qui sont données par le peuple profond qui, partant des analyses  terre à terre et s’exprimant dans un langage aussi simple, vous disent des choses que les intellectuels ne diront pas. Malheureusement, et c’est, souvent, le cas, la vérité est dans ce qu’ils pensent. Pourtant, c’est aux intellectuels que l’on donne raison. Et, ce sont toujours eux qui imposent leurs versions des faits. Nous signalons que nous projetons publier toutes ces nouvelles dans La Semaine Africaine sur six éditions de quatre pages chacune.

    Serge Armand Zanzala.

    Résumés des nouvelles
    «Le premier fruit d’un arbre stérile»:
    (en mémoire du président Abbé Fulbert Youlou).

     

    Le 15 août 1960, le Congo accède à l’indépendance nationale. L’abbé Fulbert Youlou, premier ministre congolais des Relations extérieures, premier maire de Brazzaville et premier président de la République du Congo (1960–1963) est reconnu comme étant le père de cette accession à la souveraineté nationale. Pour une certaine opinion nationale et internationale, Fulbert Youlou fut un grand nationaliste et défenseur de l’unité nationale qui était toujours prêt à faire des concessions. Mais, c’est avec son vice-président, Jacques Opangault, qu’il scelle le socle de l’unité nationale, malgré les contradictions politiques et les affrontements, parfois très violents, qui ont émaillé leur vie politique. Il était aussi attaché à la paix. Alors que dans beaucoup de pays, le pouvoir se protège avec le fusil, lui, il n’a pas résisté à la pression des syndicalistes qui réclamaient son départ. En effet, le 15 août 1963, il rendit le tablier au peuple souverain et pris le chemin de l’exil. C’est donc à l’étranger, notamment à Madrid, en Espagne, qu’il trouva la mort en 1972. Pourtant, Fulbert Youlou fut aussi un grand bâtisseur. C’est sous son règne que le Congo avait amorcé son électrification et son industrialisation. Comme preuves tangibles de cette vision, on cite entre autres les projets de construction du barrage hydroélectrique de Sounda, et de l’autoroute Brazzaville – Pointe-Noire. Néanmoins, Ma Youlou comme continuent à l’appeler affectueusement beaucoup de Congolais, fut enterré modestement dans son village natal, pourtant, il mérite de reposer dans un grand mausolée. L’euphorie provoquée par l’indépendance s’était brusquement volatilisée. Le Congo avait vite fait de prendre une marche à reculons. Pour preuve, cinquante ans après son indépendance, il n’a toujours pas décollé. Son indépendance est comparée à un arbre stérile qui ne donne toujours pas des fruits. Pourtant, Fulbert Youlou est le premier fruit de cet arbre bien que stérile soit-il!

    «La cinquantième tombe du cimetière du centre-ville»
    (au feu président Alphonse Massamba-Débat)

    Successeur du président Fulbert Youlou et deuxième président de la république du Congo (1963-1968), Alphonse Massamba-Débat est un ambitieux et nationaliste instituteur qui veut forger sa propre idéologie à partir des valeurs puisées dans la tradition bantu. Séduit par le modèle chinois qu’il veut adapter dans son pays, il crée le socialisme bantou. Pendant, les cinq ans que dure son règne, Alphonse Massamba-Débat tente de se mettre sur les pas de son prédécesseur, Fulbert Youlou. Certains projets et chantiers amorcés par ce dernier seront achevés. Pourtant, il en ouvre encore d’autres. On pourra citer entre autres la cimenterie domaniale de Loutété, l’usine textile de Kinsoundi, le Stade omnisport qui sera débaptisé, Stade de la Révolution en 1965, et Stade Alphonse Massamba-Débat après la Conférence nationale souveraine. Mais, Alphonse Massamba-Débat n’aura jamais le temps de mettre en pratique son idéologie. Des intellectuels rentrés de l’Europe et dont certains se retrouvent même dans son gouvernement et qui s’affrontent au sein du Conseil National de la Révolution (Cnr), veulent lui imposer d’autres ensembles d’idées. Son premier ministre, Pascal Lissouba, qui veut être l’idéologue de la révolution, prône la tribu-classe, une adaptation congolaise du Marxisme, notamment de la lutte des classes. Ambroise Noumazalayi, lui, propose le socialisme scientifique en vogue dans les pays de l’Europe de l’est. Le pays bascule dans la violence et Alphonse Massamba-Débat ne parvint pas à bien travailler et à réaliser son rêve. En 1969, il est chassé du pouvoir et se retire à Boko, son village natal, dans la région du Pool. Mais, c’est en 1977, dans l’affaire de l’assassinat du président Marien Ngouabi, son successeur, qu’il va être accusé devant une cour martiale qui le condamne à mort. Cependant, en 1990, la conférence nationale réhabilite sa mémoire et recommande que ses restes mortels soient enterrés dans un cimetière, avec tous les honneurs de la république. Pourtant, vingt ans après, Alphonse Massamba-Débat n’a toujours pas une sépulture. Et, jusqu’à ce jour, c’est en vain que les Congolais attendent que leur deuxième président soit enterré dans un cimetière avec les honneurs dus à un grand personnage de son rang. D’ailleurs, d’aucuns se demandent pourquoi ne pas construire un panthéon où pourront désormais reposer tous nos présidents anciens et futurs!

     

    «La cinquantième poche d’une veste kaki»
    (au président Marien Ngouabi)

    En 1968, le commandant Marien Ngouabi est nommé président de la république populaire du Congo par le Conseil National de la Révolution (Cnr). Il est le troisième président et veut profiter de sa propre condition «café au lait» c’est-à-dire né des parents de différentes tribus pour promouvoir l’unité nationale et malaxer les tendances prochinoise, profrançaise, prosoviétique et procubaine qui prennent corps au sein du Cnr. Il veut rimer le socialisme scientifique en vogue dans les pays de l’est et le socialisme africain que certains intellectuels du continent noir tentent de mettre sur pieds. Pourtant, il ne veut pas nationaliser l’économie. Cependant, la difficulté d’obtenir un bon mélange, et de créer des bons concepts politiques et des bons modèles de développement, va précipiter l’économie congolaise dans le gouffre et aiguiser la convoitise de toutes les tendances. Le lieutenant Pierre Kinganga (proaméricain), le colonel Yhombi Opango (aile droite du Cnr), le lieutenant Ange Diawara (aile gauche et maoïste du Cnr) veulent s’affirmer au même moment. Néanmoins, Marien Ngouabi (progressiste) ne réussit pas à faire l’unité au sein du Conseil National de la Révolution, le parti unique. Pour sauver l’économie congolaise qui commençait à dégringoler, il projetterait confier ce secteur à son prédécesseur, Alphonse Massamba-Débat, qui avait déjà fait ses preuves dans ce domaine, notamment avec l’industrialisation du Congo; et lui-même s’occuperait de la vie du parti, le Cnr. Mais, en réalité Marien Ngouabi garderait le pouvoir politique, puisque c’est le parti qui dirige l’Etat. Pourtant, le projet va lui être fatal. Le président Marien Ngouabi sera assassiné le 18 mars 1977. Il est mort avec toute la vérité sur les conditions et les causes réelles de sa mort. Vingt- et- trois ans après son assassinat, deux thèses continuent à s’affronter. Si la première attribue sa mort à Kikadidi qui aurait réagi pour le compte de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat; la seconde révèle que Ngouabi a été sacrifié par les membres de son propre clan qui ne voulait pas que le pouvoir aille ailleurs, dans un autre clan. Néanmoins, le président Ngouabi est parti avec le secret de sa mort dans la cinquantième poche de sa veste kaki pour que le pays ne brûle pas.

     

    «Le cinquantième étage d’une termitière»
    (au président Joachim Yhombi Opango)

    En 1977, le président Marien Ngouabi est assassiné. Le colonel Joachim Yhombi Opango, un homme autoritaire et reconnu par ses décisions impérativement exécutoires d’urgence, est proposé par ses paires du Comité Militaire du Parti pour être président «jusqu’à nouvel ordre». Il devient donc le quatrième président de la république populaire du Congo. Mais, le nouveau président dirige sans programme. Le principe «jusqu’à nouvel ordre» collé à son pouvoir ne lui permet pas d’avoir un projet de société. Parce qu’il ne sait pas quand-est-ce sonnera le glas de son pouvoir. Yhombi Opango gouverne donc avec beaucoup de stress. Pourtant, ses nouvelles fonctions lui procurent beaucoup de richesses, d’honneurs et de bonheur. Mais, il faut faire vite pour tout avoir. La chance ne sourit qu’une seule fois! C’est ainsi, le nouveau président va mener une vie bourgeoise pour au moins profiter de ses jours au pouvoir. Mais, sa brutalité, sa manière expéditive de régler les problèmes de la nation vont devenir, entre autres, le poison qui va ronger son pouvoir. Tenez! A peine arrivé au pouvoir, Yhombi abroge la constitution de 1973 et la remplace par un acte fondamental. Il dissout l’assemblée nationale, organise, à la hâte, une cour martiale, à l’issue de laquelle l’ancien président Alphonse Massamba-Débat et plusieurs membres de la garde présidentielle sont condamnés à mort et exécutés au petit matin; une cour révolutionnaire d’exception toujours sur la mort Marien Ngouabi qui va condamner à mort plusieurs conjurés, pourtant innocents. Il ordonne de prélever, quatre fois par an, 10% sur tous les salaires inférieurs à trente mille francs Cfa, et 20% sur les salaires supérieurs à cette somme afin de remplir les caisses de l’Etat. Pourtant, le bois et le pétrole qui constituent les premières ressources financières du pays, se vendent encore très bien! Cependant, les Congolais qui caricaturent leur président, le présentent avec un gros ventre, signe de la bourgeoisie, qui serait gros comme une termitière et dont le nombril serait le cinquantième étage de ce nid de termites.

    «La cinquième chambre du parlement»
    (au président Denis Sassou Nguesso)

    En 1979, le colonel Denis Sassou Nguesso prend le pouvoir à l’issue d’une réunion du bureau politique du Parti congolais du travail (Pct), l’unique parti politique qui existe dans le pays. Le général Joachim Yhombi Opango, son prédécesseur, est démissionné de ses fonctions de président de la république pour avoir introduit, dans le pays, «une bourgeoisie bureaucratique». A l’annonce de cette nouvelle, les Congolais descendent dans les rues. Ils sont en liesse et jubilent toute la journée dans les quartiers et les régions. Ils éprouvent une joie triomphante et débordante parce qu’ils sont convaincus que le pays est enfin libéré, et qu’il prendra, cette fois-ci, le bon chemin. Les rêves, les illusions, les chimères, les fictions, les songes, les utopies, sauf les cauchemars étaient permis ce jour-là. Denis Sassou Nguesso, le cinquième président du Congo, était devenu l’ homme tant attendu qui devra conduire le peuple dans des bons «pâturages». Pourtant, cette alacrité, cette sensation d’aise et de contentement, cette confiance et cet espoir vont vite se volatiliser. Sassou Nguesso, le peuple et le pays vont se retrouver dans une impasse qui ne leur permettra plus d’avancer. La peur d’innover du président de la république, les caprices des membres de la troisième chambre du parlement (le parti), de la quatrième chambre (le clan) et de la cinquième chambre (la famille) vont constituer le vers qui va ronger le fruit. Les populations révoltées accusent leur président d’être prodigue, sa famille et son clan d’être trop visibles! Et, il eut la conférence nationale souveraine, en 1991. En 1992, Sassou Nguesso est battu à l’élection présidentielle. Cependant, cinq ans seulement étaient passés pour qu’il revienne au pouvoir à l’issue d’un coup d’état acclamé par une bonne partie des Congolais, et devienne donc le septième président du Congo. Pourtant, le peuple ne le rejette pas ni à cause de sa mauvaise gestion de la chose publique des années précédentes ni à cause de son coup de force aux institutions de la république. D’ailleurs, une opinion pense que Dieu a voulu ce retour aux affaires pour que ce fils qui a égaré le pays et le peuple pendant près de treize ans, se reconvertisse, se découvre et accomplisse, cette fois-ci, la mission que Dieu lui aurait confiée, dès sa naissance, et qui s’est révélée au cours de la dernière scène politique de Youlou et Opangault, dont Sassou Nguesso était le témoin privilégié. On dit aussi que Sassou Nguesso serait élevé à cause de son humilité devant son peuple lorsqu’il s’était rabaissé et avait décidé d’assumer, pour tous les présidents que le pays avait connus, tout le passé. Mais, pour réussir sa mission, le cinquième, septième et huitième président du Congo doit savoir lire les signes qui ponctuent sa vie et écouter le peuple à travers qui Dieu continue à se manifester.

     

    «La cinquantième porte d’un pouvoir moribond»
    (au président Pascal Lissouba)

    Après la conférence nationale souveraine qui a eu lieu en 1991, et qui a permis au Congo de se remettre sur les rails de la démocratie et du développement, un grand intellectuel, le professeur Pascal Lissouba est élu président de la république du Congo, à l’issue de l’élection qui a eu lieu en 1992. Il devient le sixième président du Congo. Et, les Congolais croient en ses facultés de comprendre et connaitre les situations du pays, de trouver les bonnes réponses à des moments opportuns, et de concevoir des bons projets de développement. Mais, si les jeunes s’enthousiasment, s’emportent et se passionnent; les adultes, eux, restent très prudents! Pour cause, le nouveau président est déjà bien connu. Il a été Premier ministre, et ministre de l’Agriculture dans le gouvernement d’Alphonse Massamba-Débat. Pourtant, Pascal Lissouba est accusé d’être le père d’une idéologie, la «tribu- classe» qui oppose, dans la conquête du pouvoir politique, du leadership national et dans leur affirmation, les tribus d’une même entité. Dans cette lutte, tous les moyens peuvent être utilisés. La « tribu-classe », en concurrence avec d’autres idéologies (socialisme bantu d’Alphonse Massamba-Débat, socialisme scientifique ramené d’Europe par les intellectuels), avait provoqué beaucoup de troubles dans le pays. Néanmoins, pour beaucoup de Congolais de la jeune génération, les temps ont changé. Pascal Lissouba a, lui aussi, changé! Cependant, la conception du pouvoir et le triomphalisme de ses partisans vont désorienter le comportement du nouveau président qu’une certaine opinion avait déjà qualifié de mégalomane. Mais, on dit aussi que le reniement public des valeurs traditionnelles comprises dans la cérémonie de lavement des mains, organisée à la Conférence nationale souveraine par un prélat, Monseigneur Ernest Kombo, va provoquer le déclin de son pouvoir.

     

    Contacts: 00242 959 69 34;
    E-mail: pagedhistoire@hotmail.com

     
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