Quatre trafiquants d'espèces fauniques protégées vont comparaître devant la troisième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Brazzaville. Il s'agit d'un agriculteur, arrêté le 12 mai 2009, pour trafic de chimpanzé, qui passera en jugement, lundi 15 mars 2010. Le procès des trois autres trafiquants, au nombre desquels figurent deux agents de la force publique, aura lieu, jeudi 18 mars.
L'un des deux agents de la force de l'ordre avait été arrêté avec un gorille, le 27 novembre 2008, dans un hôtel, à Brazzaville. Lors de son audition, il avait décliné l'identité d'une autre personne innocente qui avait été convoquée par le juge. Ayant plaidé non coupable, l'avocat en charge du dossier avait demandé au juge de suspendre la procédure, afin d'ouvrir une enquête sur une information dont dispose la direction départementale de l'économie forestière selon laquelle le trafiquant aurait décliné une identité usurpée.
Le 7 août 2009, le service de recherches judiciaires de la gendarmerie nationale a mené l'enquête et dix-neuf jours après, trois hommes sont arrêtés dont deux agents de la force de l'ordre évoluant au Comus (Commandement des unités spécialisées). Le premier qui a signé la décharge a dénoncé son frère d'armes. Les deux agents de la force de l'ordre se sont constitués commissionnaires du troisième délinquant civil, propriétaire de l'animal. Leur arrestation avait été menée par la direction départementale de l'économie forestière et la force publique, avec l'appui du P.a.l.f (Projet d'appui à l'application de la loi faunique au Congo).
Signalons que le gorille et le chimpanzé sont classés parmi les animaux intégralement protégés au Congo. La loi 37-2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées prévoit une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans et une amende allant jusqu'à 5 millions de francs Cfa à quiconque aura abattu ou détenu un animal protégé. Le maximum des peines est prononcé, lorsque l'auteur de l'infraction est un agent de l'Etat ou d'une collectivité territoriale. Les deux policiers du Comus risquent donc des peines maximales.
Alain Patrick MASSAMBA